Écoutez nos défaites

This book was mentioned in the comments from Anne de Louvain-la-Neuve’s blog page and it was serialised on France Culture last May and can be listened to as a free podcast.

Review from Babelio :

Laurent Gaudé

ISBN : 233006649X
Éditeur : ACTES SUD (17/08/2016)
   Existe en édition audio

Note moyenne : 3.91/5 (sur 392 notes)

Résumé :
Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d’une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste… Un roman inquiet et mélancolique qui constate l’inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu’on meure pour elles.

xxxxx [réelle quatrième de couverture]

Il a mené des opérations pour les renseignements français de Bamako à Genève, de Beyrouth à Tanger. Il a vu des régimes tomber, des peuples se relever, des hommes mourir. Aujourd’hui, Assem Graïeb est fatigué. La mission qu’il accepte est peut-être la dernière : retrouver un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. À Zurich, Assem croise Mariam, une archéologue irakienne qui tente de sauver des œuvres d’art dans la zone dévastée du Moyen-Orient. En une nuit , tous les deux partagent bien plus que quelques heures d’amour.
En contrepoint de cette rencontre, le récit fait retentir le chant de trois héros glorieux : le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste. Mais quand une bataille se gagne au prix de vies fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu’il s’agit d’une victoire ?
Évocation tremblée d’un monde contemporain insondable, Écoutez nos défaites compose une épopée mélancolique et inquiète qui constate la folie des homme et célèbre l’émotion, l’art, la beauté – seuls remèdes à la tentation de la capitulation face au temps qui passe.

Suggestions from Anne de Louvain-la-Neuve

Vous pouvez retrouver ici dans la rubrique “livres que j’aime” les critiques des bouquins que j’ai appréciés cette année. Grâce à mon groupe de lecture, je découvre de nouveaux horizons et très certainement des auteurs que je n’aurais jamais eu l’idée d’approcher.

En voici quelques uns.

Azoulai (Nathalie), Titus n’aimait pas Bérénice. Ce roman tente d’expliquer pourquoi l’éducation de Jean Racine à Port-Royal l’a conditionné à l’écriture d’un théâtre forcément dense, forcément dramatique.  Il y a toujours impossibilité pour un héros de se faire aimer  puisque l’autre ne l’aime pas et en aime un troisième. J’aurais préféré qu’elle se concentre sur l’histoire de Jean Racine sans renvoi à une autre plus contemporaine. Mais j’ai tout de même apprécié son écriture et cette recherche d’explication d’un style et d’une vie.

Barrico A., La jeune épouseque j’ai adoré.

Blas de Robles (Jean-Marie), Dans l’épaisseur de la chair. Roman d’amour d’un fils pour son père, c’est une œuvre qui aborde les thèmes de la grande histoire (la guerre d’Algérie) dans les petites histoires (les pieds-noirs). Il y a du panache dans cette écriture, parfois un peu prétentieuse lorsqu’il cite des tas d’endroits que le lecteur est censé connaitre s’il est intelligent (ou français) ! Un livre dense et passionnant.

Chevalier (Tracy), La dame à la licorne, A l’orée du verger. Moi, ça m’a emballée, comme tous les livres de Tracy Chevalier, une vraie conteuse. Mêlant des éléments historiques à ses trames narratives, cet auteure m’entraine dans ses univers aussi sûrement que le sucre fond dans le café !

Gaudé L. Ecoutez nos défaites

Szabo (Maria), La porte. Superbe peinture de deux femmes, de deux générations, de deux classes sociales que tout sépare, que parfois le sort rassemble mais pour combien de temps ? Je trouve cette analyse de loin supérieure au prix Goncourt 2016 Chanson douce de Leila Slimani qui traitait également des rapports de force entre une femme d’ouvrage et sa maitresse.

Et le dernier Fred Vargas que je suis en train de lire comme une vrai fan que je suis.

Whitehead (Colson), Underground Railroad, prix Pulitzer, National Book Award. Voilà décrites ici toutes les horreurs que des hommes, les suprémacistes blancs, autrement dit des gens comme vous et moi, peuvent inventer pour asservir  d’autres hommes, les noirs. Voilà décrits ici  les fondements du racisme aux Etats-Unis, cette incroyable créativité pour asservir et briser. On suit complètement assommé l’histoire de Cora, une jeune esclave noire des plantations de coton, qui trouve un jour la force de fuir ses bourreaux pour emprunter les voies du réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite. J’ai avalé, dévoré,  ce roman entre répulsion et hypnose, fascination et effroi car c’est aussi un remarquable thriller. On comprend mieux comment et pourquoi ce crétin de Trump est arrivé au pouvoir et à quel point il peut aussi être dangereux.

Et puis encore des Paasilina, et puis à peu près tous les Ruffin. Etc.

De temps en temps, je fais un affreux cauchemar de trois secondes, juste le temps de penser : Et si un jour, j’avais lu tous les livres ? Là, je me réveille en sueur et je me rassure !